Rencontres asimétriques : Maess et Marie-Anne Franqueville

 Voici deux jeunes artistes qui ne se connaissent pas et que j’ai reçu récemment ; je deviens pseudo gourou transversal, des jeunes viennent parfois me voir…

Je vous ai déjà parlé de Maess : vingt-huit ans, Polonaise, passionnée de tango argentin, d’érotisme et d’aéroports, ses thèmes de prédilection. Ses dessins ont encore besoin de travail, mais sa stratégie de communication artistique, par contre, est un modèle du genre. Site Internet, graphisme, discours, cartes de visite, tout est en place, irréprochablement calibré. Ponctuelle au rendez-vous, bien élevée, sa tenue vestimentaire ne laisse aucune place à l’à peu près…

Et voici Marie-Anne Franqueville qui m’écrit à la suite de la mise en ligne de la FID NewsLetter #2,dont elle était le sujet.

“La table-atelier a disparu, (je viens de déménager dans tout petit pour un an et n’ai comme simple table qu’une boite en bois posée devant une fenêtre. j’y dessine assise en tailleur quasiment au sol), je vais donc être confrontée pendant un an à l’essentiel : le dessin. C’est une aventure qui me ravit. J’ai l’impression que cette année mon rapport au dessin va prendre un nouveau tournant. Il va devenir mon obsession et un nouveau voyage initiatique. À défaut de créer des espaces réels, je vais tacher de régler le problème dont nous avions parlé ensemble : mettre l’espace mental à nu, en lignes. J’ai hâte. Et j’ai le temps.

Si vous êtes marchand, galeriste, vous choisissez Maess, sans hésiter. Elle est prête, fiable.

Et si vous êtes collectionneur, n’êtes vous pas tenté par Marie-Anne Franqueville, par sa prise de risque ? Elle sait ce qu’elle veut. Elle est prête à en payer le prix !

Le problème est qu’il faudrait être à la fois Maess et Marie-Anne Franqueville, et cela n’arrive – presque – jamais. C’est un peu comme les vierges expertes, si vous voyez ce que je veux dire.

Puisque le marché de l’art est fait autant par les marchands que par les collectionneurs…

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