New York Times + International Herald Tribune : contemporary art special report

La journaliste Alice Pfeiffer vient d’écrire une demi-page intitulée Getting creative in a downturn dans le dossier spécial que le New York Times et le International Herald Tribune ont dédie le 10 juin 2009 à l’art contemporain.
(…)
Serghei Litvin Manoliu, who presided in March over
another show, said, ‘‘The golden boy approach to art is
over.’’ His show, the 21st Century International Drawing
Fair, was a crisis-friendly, minimalist affair, offered unframed
works for around €300 (in fact, from €300 to €3000),
displayed on tables in abare, loft-like space in the hip Marais
district of Paris.
(…)
Unlike art produced mainly as a commodity for financial
speculation, Mr. Litvin Manoliu said, ‘‘drawing requires
excellent skills.’’
(…) ‘‘The art world had lost every criterion
of quality,’’ he said. ‘‘I believe this crisis is a fabulous opportunity
for the arts.’’

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L’art est en train de trouver une nouvelle source d’inspiration,
alors que les années fastes s’estompent et que les
collectionneurs redécouvrent la virtuosité du dessin ainsi que
les charmes du rapport qualité-prix.

Tandis que les spéculateurs se retirent, les artistes et les
connaisseurs voient se profiler une « opportunité fabuleuse ».

La récession a secoué le monde de l’art contemporain au même titre
que n’importe quelle autre partie de l’économie, mais pour l’art, ce
bouleversement pourrait s’avérer source d’inspiration. Une vague d’initiatives
indépendantes et à petite échelle a inauguré un mouvement qui tend à
délaisser l’auto-référentialité du conceptualisme et la mode de production
quasi industrielle de l’art en faveur d’une redécouverte de l’accessibilité
et du savoir-faire classique.

« L’attitude des gens se modifie au gré des changements économiques
», déclare William Alderwick, rédacteur en chef d’un nouveau trimestriel
artistique à Londres, Under/Current,
dont le numéro de juin porte le titre «
Downfall » (Chute) et résonne de thèmes liés à la récession.
Selon son directeur artistique, Yannis Tsitovits, « On sent que l’on est tous
logés à la même enseigne, et que partager nos talents et nos ressources est
la meilleure solution pour faire face aux temps durs. »
Dans ce monde post-consumériste, « investir dans l’art est chose risquée.
Le prix ainsi que la demande de l’art sont en baisse, et le potentiel de
l’objet d’art comme bien de spéculation s’affaiblit. La prototype warholienne
d’une production quasi-industrielle d’oeuvres d’art perdra de plus en plus sa
pertinence culturelle pendant ces années de récession. »
[…]
À New-York, Emma et Ani Katz, deux soeurs d’une vingtaine d’années,
viennent de créer The Recession Art Shows
, un organisme consacré à
« leur propre plan de stimulation pour l’art aujourd’hui. » Le but est de soutenir
les jeunes artistes à travers une série d’expositions trimestrielles – la première
a ouvert ses portes au public au mois d’avril à Gowanus, un quartier industriel
de Brooklyn – présentant des oeuvres limitées à prix maximum de $500, de
quoi permettre aux collectionneurs frappés par la récession de continuer à
acheter. L’exposition montrait le travail de sept artistes utilisant des supports
économiques comme le fusain, l’aquarelle et la broderie.
« La récession a permis aux gens de penser plus librement, affirme Emma
Katz. Souvent, les artistes avaient tendance à oublier leur art afin de se
consacrer à leur carrière. La récession leur a donné l’occasion de s’y
remettre avec plus de sérieux. »

En France, la récession est marquée par un retour au dessin traditionnel,
exposé dans une multitude de petites expositions, souvent organisées par
des étudiants en art.
(…)
« L’approche “golden boy” de l’art a vécu, constate Serghei Litvin Manoliu, directeur au d’une de ces expositions. La FID (Foire Internationale alternative : le dessin du 21e siècle), était minimaliste,taillée pour la récession. Disposées à plat sur des tables dans un espacestyle loft dans le quartier branché du Marais à Paris, les oeuvres non-encadrées s’y vendaient entre 300 et 3000€.

A la différence de l’art produit à des fins de spéculation, note Serghei LitvinManoliu, « le dessin exige une technique de haut niveau. » Et de conclure, « Le monde du marché a perdu la notion de qualité. Je crois que cette crise représente une opportunité fabuleuse pour l’Art. »

Alice Pfeiffer

Résume traduit en français par Charles Penwarden

Les liens dans le texte d’Alice Pfeiffer sont dûs à S L M.