Hélène Abdéni : “J’ai compris que si je vendais mes dessins, je ne pourrais plus jamais dessiner comme avant”

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Enthousiasmé par ses carnets, j’ai invité Hélène Abdéni (“Franco-Lebanese, lives and works in Paris and Kiev, St Louis de Gonzague, French Baccalaureat in Economy and Mathemathics, Paris”, dixit son “résumé”) à la FID, en mars 2009 (où elle a été parrainée par Charles Penwarden).

Elle montrait pour la première fois son travail au public :
trois – quatre carnets de croquis et quelques dessins de format moyen.

Les carnets n’étaient pas à vendre.
Les dessins n’étaient pas vendables.
Elle ne cherchait pas à vendre.

“Un jour proche, j’espère de tout coeur pouvoir vous montrer  des dessins a nouveau vivants et vrais. (…) Cela me touche beaucoup de vous lire et de découvrir les nouveaux dessins…. de Tony Valentine, et puis des autres. J’espère bientôt, cela m’aide a croire … une foi dans le dessin, peut-être ?” (Hélène Abdéni, extraits d’un email)

Regardez ce dessin :
La sincérité absolue est à la base de ce travail – sincérité parfois piégée par une enfance fantomatique, inachevée… Puis arrive un langage symbolique, des références culturelles fortes (ici, celles de l’iconographie orthodoxe moldave – ailleurs celles de Kiev, en Ukraine, de Calcutta ou bien de New York).

Double page : ligne d’horizon faite de montagnes (tension, angles).
Page de droite : onze poissons rouges et sept cercles d’or.
Page de gauche : trois autres cercles d’or, un Saint, un Roi.

L’action (un sacrifice) se passe dans les Carpates. Le  vieux Saint prie. Sa décollation imminente sera l’oeuvre du méchant Roi (un enfant cruel, énorme). Les dix cercles d’or sont les auréoles (ou bien des alliances, ou bien des brioches) qui attendent les bienheureux martyrs. Les onze poissons rouges sont des âmes, ou bien des anges…
… ou bien des poissons rouges échappés d’un bocal.
Auréoles-alliances brillantes comme des soleils.
Un Roi (l’enfant-bourreau) qui joue.

Happy end métaphysique du martyre.

SergheiLitvin@gmail.com